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Si l’on devait parler de “switch”, celui de Jamie Ramsay est peut être le plus extrême. Travaillant dans la City à Londres, Jamie se rend compte un jour qu’il passe plus de temps à rêver par la fenêtre de son bureau à ce qu’il pourrait faire dehors, que devant son écran d’ordi à travailler. Un jour de 2014 il plaque tout pour entreprendre un challenge complètement dingue : traverser le continent américain en courant. 17,000 km seul et sans assistance pendant plus de 475 jours dont 367 à courir. Depuis, Jamie a trouvé sa voie et trace sa route dans les défis les plus fous et les courses les plus folles. Nous avons croisé Jamie au repos après la Cape Wrath Ultra, ultra trail de 400 km en Ecosse pour évoquer avec lui ce changement de vie incroyable, son entraînement et ce qui continue à le faire avancer, quelles que soient les conditions.

Jamie, dans toutes les aventures que tu fais, comment trouves-tu la force de
continuer à avancer ?

La clé pour rester concentré pendant mes aventures, aussi longues soient-elles, est de considérer ce moment comme une occasion de tester pleinement mes forces et mes faiblesses, d’apprendre sur moi-même et de débloquer quelque chose que j’ignorais jusqu’alors. Je considère ce que je fais comme un métier à part entière, que ce soit une aventure, une course ou un challenge, il faut donc qu’il en sorte quelque chose de concret, au-delà de passer la ligne d’arrivée. Quand je pars sur une aventure, j’ai un objectif très clair ; arriver au bout aussi rapidement et efficacement que possible. Puis je rentre dans une sorte de routine quotidienne et je me concentre alors sur le moindre élément qui peut rendre cette routine la plus performante possible.

 

D’une manière générale, si quelque chose vous fait peur ou vous met mal à l’aise, c’est un bon signal pour vous dire que c’est la dessus que vous devez vous concentrer.

 

Comment arrives-tu à sortir de ta zone de confort ?

Quand je travaillais à la City, je crois que j’avais clairement des limites. Bien sûr c’était des limites que je m’étais auto-imposées, pour ne faire que le strict minimum de ce qui était attendu de moi, tout en satisfaisant les personnes avec qui je travaillais. Quand je suis devenu aventurier, j’ai soudainement pris le contrôle de tous les paramètres qui pouvaient participer à mon “succès”. Je pouvais déterminer ce qui était un succès d’un échec et c’est en faisant cela que j’ai appris à m’imposer cette nouvelle habitude de continuellement repousser mes limites. J’ai aussi appris que lorsque vous êtes à l’aise de manière répétée vous vous mettez dans une position où vous pourriez tomber dans la médiocrité. Cette peur me pousse vers l’avant. Maintenant, presque tout ce que je fais va me pousser à sortir de ma zone de confort, que ce soit en travaillant en équipe, en changeant de discipline, d’environnement ou de durée. D’une manière générale, si quelque chose vous fait peur ou vous met mal à l’aise, c’est un bon signal pour vous dire que c’est la dessus que vous devez vous concentrer.

 

Je suis mon plus grand frein. Je pourrais faire tellement plus, mais je suis le seul et unique responsable si ça bloque ou que ca ne va pas assez vite.

 

Quel a été ton plus grand stop et comment l’as-tu dépassé ?

Je suis mon plus grand frein. Je pourrais faire tellement plus, mais je suis le seul et unique responsable si ça bloque ou que ca ne va pas assez vite. Le doute, la peur, le manque de confiance en soi signifie que je n’ai pas encore coché toutes les cases de ce que je voulais faire. Mais j’ai aussi réalisé que je suis le plus grand moteur. Je passe beaucoup de temps à penser à toutes les choses que j’aurais pu mieux faire, des décisions que j’aurais pu prendre autrement et des limites que j’aurais pu pousser encore plus loin. Je rassemble tout cela et je l’utilise dans ma prochaine aventure. Je les inclue dans ce que je définis être un succès et je recommence comme cela sans cesse. La prochaine étape pour moi est de réussir à extraire de la valeur dans tout ce que je fais. La vraie valeur dans ce que vous faites ou créez c’est quand vous arrivez à la réutiliser dans ce que vous en faites après. C’est la que la création de valeur est la plus forte et c’est là dessus que je dois me concentrer.

 

 

Ta philosophie de vie ?

Ma philosophie de vie est certainement un peu “cliché” ou a minima partagée par beaucoup, mais c’est parce que c’est ce qui fonctionne le mieux – Etre la meilleure personne possible. Nous avons tous nos compétences, nos capacités et nos forces. Il ne tient qu’à nous de prendre ces ingrédients et d’en tirer le meilleur. Une des choses que je m’efforce de ne pas faire est de me comparer aux autres. Quand quelqu’un réussit quelque chose, il aura aussi son propre niveau d’échec. Ce qui nous différencie des autres n’est pas ce que nous réalisons, mais comment nous transformons des moments négatifs en résultats positifs. Je suis tout à fait conscient que j’ai plus de faiblesses que de forces mais au lieu de le considérer comme un point faible, je le tourne en une pensée positive et je me dis que cela représente autant d’opportunités à relever. Quand je suis sur une aventure ou dans une compétition, je me dis juste que je peux faire mieux encore et toujours. Et si je m’arrête ou faiblis alors je me le répète encore et encore. Au cours des 3 dernières années, j’ai parcouru plus de 24 000 km dans 25 pays différents. Pendant ce temps, j’ai appris tant de choses sur moi-même, mes drivers, mes forces et mes faiblesses. Après tout ce temps, la chose qui me surprend encore est la façon dont les verrous que nous nous mettons sautent. Quelque soit la manière dont vous avancez, vous serez toujours poussé par cette curiosité de voir jusqu’à quel point vous pouvez encore aller. Quand j’ai terminé mes 17 000 km de course du Canada à l’Argentine, je ne me suis pas dit en franchissant la ligne d’arrivée « Eh bien, je suis heureux d’avoir prouvé que je peux le faire », mais plutôt « Maintenant que je l’ai fait, qu’est-ce que je peux faire d’autre, de plus, et qui vais-je devenir si je continue à repousser mes limites ?»

Tu as dit que dans tes voyages « contrôler ton esprit est la partie la plus importante »,
qu’entends-tu par là ?

Lorsque tu es au milieu de nulle part, dans des conditions extrêmes, il est très facile d’avoir des pensées négatives. Si vous les laissez prendre le dessus, elles vont vous consumer à petit feu. Vous devez vous entraîner à mettre le négatif de côté et ne pas le laisser vous éloigner de votre objectif. En contrôlant l’orientation de votre esprit et en l’exerçant à ne jamais faiblir, alors vous ne perdrez jamais de vue ce que vous vous êtes fixé comme objectif au départ. Tout ce que nous faisons devrait avoir une intention et si cette intention a été assez forte pour nous convaincre de commencer, alors elle devrait être assez forte pour nous faire continuer jusqu’à la fin.

J’ai l’avantage d’avoir pris la décision de changer radicalement de vie il y a quelques années. Donc maintenant, si je commençais à douter, je n’aurais qu’à m’asseoir sur le côté de la route et repenser à cette décision. Si j’arrêtais tout, je sais exactement dans quelle vie je retournerais, et cela me donne encore plus de force pour repartir et me battre. Tout repose sur l’esprit et donc la force mentale est la chose la plus importante à entraîner. J’ai récemment terminé une course de 400 km et mon corps a commencé à faiblir à environ 200 km, mais grâce au mental j’ai réussi à continuer et à terminer. L’entraînement de l’esprit est très similaire à l’entraînement d’un muscle, donc vous devez le pousser un peu plus chaque jour. Si vous êtes face à un challenge et que vous savez que vous avez surmonté quelque chose de plus petit mais similaire, alors vous serez beaucoup plus à même de le dépasser.

Quel est ton objectif final ?

J’ai passé 12 ans à faire quelque chose qui ne m’a pas inspiré. J’étais une version diminuée de moi-même, insatisfait et finalement un peu autodestructeur. Avoir la force d’identifier le problème, le courage de trouver la solution et la détermination de faire que ça change est toute la motivation dont j’ai besoin pour continuer à faire ce que je fais. Mon but final est quelque chose que je suis encore en train de chercher. Je suis conscient que mon corps va me le faire payer un jour car les années passent et j’ai commencé cette carrière assez tardivement. Donc, mon objectif est de construire quelque chose qui sera durable, scalable et qui encourage les autres à repenser leurs idées préconçues. Si je peux aider une autre personne à réaliser son rêve, alors j’aurai réussi et cela me donnera encore plus envie de continuer et d’en faire plus.

 

 

Tu es speaker dans des conférences. Que partages-tu lors de ces évènements ?

Je veux que les gens comprennent que je suis juste une personne normale qui a trouvé la
force intérieure et la motivation pour changer de vie et de carrière afin de devenir une
personne plus épanouie. J’adore montrer aussi mon inexpérience, ma vulnérabilité et mes
échecs pour que les gens réalisent que rien n’est impossible. Je ne vois pas l’intérêt de juste
montrer ce qui a marché ou ce que j’ai réussi mais je veux montrer comment j’y suis
parvenu. En tant qu’aventurier, j’ai affronté tellement d’obstacles, j’essaye juste de leur
apprendre comment j’ai réussi à les contourner et comment les appliquer à leur vie perso ou
pro.

 

A la fin de l’année, prenez un moment pour faire le bilan et être sûr que vous êtes toujours en train d’avancer.

 

Quel pourrait être ton meilleur conseil pour un entrepreneur ?

Assurez-vous que ce que vous faites est bien pensé et que cela va avoir un impact. Trop
souvent vous voyez des gens travailler sans savoir pourquoi. Faites en sorte que chaque
minute compte. Pour avancer, vous devez construire quelque chose de durable, vous
remettre en question de façon permanente, et apprendre de nouvelles choses tout le temps.
A la fin de l’année, prenez un moment pour faire le bilan et être sûr que vous êtes toujours
en train d’avancer.

 

Lire l’interview complète dans Swenson Mag Vol.03
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