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Pourriez-vous évoquer les prémices de Mambo, icône culturelle du surf australien ?

J’avais une entreprise d’impression, c’est à partir de là que je me suis intéressé à Mambo qui est devenu, à ma grande surprise, un business au succès mondial. En même temps, j’avais également une maison de disques indépendante appelée Phantom Records, où on faisait la promotion de groupes locaux indépendants de Sydney. Ensemble, ces deux univers ont fini par fonctionner. La musique, l’art, le rock’n’roll, toutes ces choses qui m’intéressaient en quelque sorte, ont marché ensemble. Je suis très bon pour débuter les choses. Puis, Mambo est devenu très important. Je me lasse très rapidement, particulièrement quand tout devient une question de gestion. J’ai une capacité à retenir mon attention digne de celle d’un enfant de deux ans.

La croissance de Mambo dans les années 80 a réellement été fulgurante. Comment expliquez-vous un tel succès ?

Au début, Mambo était simplement un truc que mes amis et moi aimions faire. C’était le fait de s’éclater, la musique, l’art, et le surf. Ça représentait un peu l’Australie de l’époque. Plus qu’une volonté donc, c’est la manière dont ça a pris forme : la façon dont nous nous exprimions et celle dont nous voyions le monde. Mambo est devenu un moyen typiquement australien de s’exprimer, puis ça n’a pas cessé de devenir de plus en plus important. Faire partie des Jeux Olympiques de Sydney en 2000, pour être tout à fait honnête, a été probablement la goutte de trop. C’était devenu trop gros et trop flagrant. Nous étions trop prévisibles, je pense. A ce moment-là, en 2000, j’ai décidé de vendre. Mais j’avais cette autre idée qui me trottait dans la tête, suite à mon voyage à Tokyo où j’avais vu ces motos vraiment cools. A ce moment de ma vie, j’avais la soixantaine et je n’étais plus un jeunot. Ce que je voyais à Tokyo était une référence. La référence était classique, vintage, mais la manière dont elle s’exprimait était résolument contemporaine. J’ai trouvé ça cool parce que Mambo baignait dans l’industrie du surf, et je n’aimais vraiment pas l’industrie du surf, bien que nous soyons dans ce secteur. D’après moi, il n’y avait pas de fun, pas d’humour, ils voyaient les choses d’une manière incroyablement sérieuse. L’industrie du surf était dominée par les grandes marques. Il y avait donc toutes ces choses que je n’aimais pas, bien que je continue à adorer surfer. J’ai donc pensé à combiner ce qui me tenait à cœur en créant une nouvelle marque. En quelque sorte, adhérer à l’industrie du surf d’une manière différente. C’est ainsi que Deus est né.

En 2000, à l’âge de 50 ans, vous vendez Mambo, amassant 20 millions de dollars juste avant que les choses ne dégénèrent dans le surfwear. En 2006, vous fondez Deus. D’où vous est venue cette vision ?

Dès le début, je n’ai jamais souhaité être une entreprise de motos. Bien que j’adore la moto, j’ai une très faible capacité à retenir mon attention. J’aime pas mal de choses. J’aime également quand plusieurs d’entre elles marchent de pair afin de créer une idée nouvelle, plus intéressante. Nous avons travaillé par la suite sur ce que nous appelons la somme des parties. La somme des parties finit par créer un ensemble plus intéressant. Quand on a débuté, à cause des motos que nous produisions, tout le monde disait que ça ne pourrait pas marcher. Lorsque les vélos sont devenus populaires, nous avons commencé à faire des vélos et tout le monde a dit : ‘Non, vous ne pouvez pas faire des motos et des vélos’. Mais c’est comme ça qu’on fonctionne ! J’ai une moto et un vélo. Je suis sûr qu’ils peuvent fonctionner ensemble. Alors, puisque les Australiens sont des fanatiques de surf, j’ai commencé à insuffler une touche surf au projet. Les gens étaient littéralement scandalisés par ce combo entre le surf et les motos. Mais par la suite, tout le monde s’est mis à dire : ‘OK, j’imagine que c’est bien !’ Aujourd’hui, c’est très courant de voir le surf et la moto coexister. C’étaient les années fun, il fallait aller à l’encontre des règles établies. Chaque fois que quelqu’un me dit ‘Tu ne devrais pas le faire’, pour moi ça signifie qu’il est temps de se lancer.

Etre une entreprise hybride est-elle une composante clef du succès ?

Exactement, je pense que s’il n’y avait qu’un seul univers, je m’ennuierais rapidement. Il faut que les gens y trouvent plusieurs éléments. Quelqu’un de 20 ans ne peut pas être aussi enthousiaste que quelqu’un de 60. Je considère que c’est important, autrement, tu te retrouves coincé dans une certaine démographie. Je tenais à combiner des univers qui me tenaient à cœur, y compris l’art. Il y avait la nourriture, les vêtements, etc. Deus n’est pas seulement la synthèse de deux univers, mais celle de 6 univers. Je voulais tous les utiliser. Pour être honnête, j’ai toujours trouvé les gens étroits d’esprit extrêmement ennuyeux. Tant mieux pour eux, mais mieux vaut avoir une vie riche et diversifiée qu’être obstiné par une seule chose. Encore une fois, ça ne veut pas dire que j’ai raison. Certaines personnes que je connais sont obsédées par une seule chose et leur obsession est légitime. Mais pour ma part, j’aime la différence. Ce qui est formidable avec Deus, c’est le fait d’attirer des personnes de tous horizons. Si vous faites quelque chose d’intéressant, des personnes intéressantes viendront à vous. A ce moment là, quelque chose de neuf et de stimulant s’est produit.

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